Les risques commencent à porter leurs fruits pour Iulian Ciobanu

Iulian Ciobanu à Rio avec la sénatrice et Paralympienne Chantal Peticlerc

La famille de Iulian Ciobanu a plié bagage et a quitté la Moldavie pour s’installer au Canada en 2010. En tant que personne handicapée, Ciobanu ne sentait pas qu’il avait les mêmes chances de fonder une famille et de faire carrière dans son pays d’origine. Il pensait aussi que le Canada serait plus stable économiquement, politiquement et socialement. De 2010 à 2014, Ciobanu a pris le temps de s’installer avec sa femme Corina et ses filles, Alexandra et Eleonora, tout en apprenant le français et l’anglais en tant que résident du Québec.

Ciobanu a découvert le boccia après avoir participé à une démonstration lors d’une conférence organisée par Dystrophie musculaire Canada, à Montréal, en 2014. Avant son arrivée au Canada, il ignorait qu’un sport était accessible pour les personnes ayant la dystrophie musculaire. À l’âge de 31 ans, il a rapidement « tenté sa chance » dans ce sport après que ses amis, sa famille, ses coéquipiers actuels et l’entraîneur-chef de la formation nationale de boccia Mario Delisle l’aient convaincu de l’essayer.

« Étant opportuniste dans la vie, je n’ai pas hésité et j’étais prêt à relever le défi. Quand tu as une opportunité de faire bouger les choses, tu dois la prendre. »

Ciobanu a rapidement excellé dans son sport. Au cours de la première année de son initiation au boccia, il a été sélectionné sur l’équipe nationale d’entraînement, a remporté une médaille de bronze à la compétition individuelle des Championnats canadiens et une médaille d’or en double aux Championnats des Amériques par équipe et en double de la BISFed de 2015.

L’ascension de Ciobanu s’est poursuivie alors qu’il a obtenu son billet pour participer à l’épreuve en double aux Jeux paralympiques de Rio, en 2016. « Je savais que j’avais des chances d’être sélectionné pour Rio parce que j’étais classé deuxième au Canada, mais je ne m’attendais pas à grand-chose, car je venais tout juste de faire mes débuts au sein de l’équipe nationale. »

« Rio m’a donné un avant-goût de ce que ce serait de prendre part aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020. Je venais tout juste de commencer dans ce sport, alors je n’avais même pas eu assez de temps pour me qualifier pour la compétition individuelle. »

Depuis Rio, Ciobanu a fait partie tous les ans de l’équipe nationale d’entraînement de boccia, mais pense qu’il a encore beaucoup à apprendre.

« Iulian est en train de trouver et de définir son propre style de jeu », a dit l’entraîneur BC4 de Ciobanu, César Nicolai. « Il s’est fait un nom en tant que l’un des astucieux et redoutables meneurs de jeu de l’équipe canadienne. »

Ciobanu croit que son diplôme en psychologie lui donne un avantage pour comprendre le jeu mental qui est une partie intégrante du boccia. « Il y a beaucoup de stratégies dans le sport. Tu dois analyser le jeu correctement et prendre tes décisions rapidement parce que tu n’as que quatre minutes par manche pour décider de tes placements de balle. »

Il est reconnu pour prendre des risques et effectuer des coups intelligents pour vaincre ses adversaires, tel qu’un assortiment de ricochets, de lobs, de poussées, de coups roulés et de déplacements. Aux Jeux parapanaméricains de 2019, à Lima, le style de jeu de Ciobanu lui a assuré une place pour le match de la médaille de bronze contre son adversaire colombien, où il a raté le podium par deux points.

Sa coéquipière Alison Levine, l’une des têtes de série de la compétition individuelle à Lima, a reconnu la remarquable performance de Ciobanu contre elle dans les quarts de finale.

« Il a mérité sa victoire. Il a pris beaucoup de risques dans ce match et cela a porté ses fruits. Parfois, les risques payent et parfois, non. »

C’était les premiers Jeux parapanaméricains de la carrière de Ciobanu et ils ont préparé le terrain en vue d’une solide performance pour les qualifications de Tokyo qui auront lieu à Sao Paulo, au Brésil.

« Je suis proche et c’est un travail en cours. Je sais que je ne suis pas loin du podium. [Lima] a été une bonne occasion de me préparer pour la prochaine compétition, qui est la plus importante de l’année », a dit Ciobanu.

Quelle est la prochaine étape pour Ciobanu et l’équipe?

Le Canada enverra une équipe complète aux Championnats régionaux des Amériques de boccia 2019, à Sao Paulo, le 1er octobre. L’équipe comprend onze athlètes avec leurs partenaires de performance, trois entraîneurs, un préparateur mental, un physiothérapeute et un analyste.

Ces Championnats sont une qualification directe pour les Jeux paralympiques de Tokyo 2020 et l’événement le plus important de l’année pour les athlètes.

« [Iulian] a eu du succès à Lima et je suis confiant que Sao Paulo lui permettra de continuer à développer ses forces », a dit Nicolai. « À la prochaine compétition, j’espère qu’il sera en confiance, peu importe qui il affrontera. Nous observons de plus en plus de maturité dans la façon dont Iulian aborde la compétition internationale. Sa confiance a grandi et son expérience commence à se faire sentir. Il sait que lorsqu’il est dans une bonne journée, il peut battre n’importe qui au monde. Sao Paulo sera une excellente occasion pour lui de continuer de renforcer sa confiance autant à l’épreuve individuelle qu’en double. Nous nous attendons à de grandes performances de Iulian. Il est définitivement prêt! »

Bien que son introduction au sport ait été unique, la rapide transition de Ciobanu « de l’initiation au podium » est similaire à celle d’autres athlètes de l’équipe nationale d’entraînement de boccia. Pour savoir de quelle manière vous pourriez vous initier au boccia, visitez http://bocciacanada.ca/fr/.

Les risques commencent à porter leurs fruits pour Iulian Ciobanu